HORTUS INCERTUM

HORTUS INCERTUM

Une exposition de :

Laurent Cerciat

Vernissage le mardi 6 mai 2008 à 19h

Hortus incertum questionne notre rapport à la nature, à travers une référence aux jardins historiques et au désir d’équilibre et d’harmonie qu’ils expriment. Entre ordre et désordre, sous le signe de la métamorphose et de l’impermanence, un ensemble d’installations constitue au Lieu d’Art À suivre… un « jardin irrégulier » dans lequel tout est affaire de points de vue. « Mon travail a souvent pour référence et contexte l’espace urbain considéré comme un terrain d’exploration possible et une zone de libre déambulation. Un intitulé général pourrait en être « tactiques d’excursion » et l’un des objectifs de déceler l’inconnu en terrain connu, ou plus simplement de porter un regard spécifique sur son environnement immédiat. L’élément exposé peut être photographique, textuel, graphique ou de l’ordre de l’installation. Il peut consister également en une proposition de parcours faite au visiteur, liée de façon récurrente au thème du jardin (historique, botanique ou d’agrément) ou encore en situations susceptibles de provoquer rencontre et discussion. Enfin, le jeu avec le langage, sous la forme par exemple de palindromes pouvant aboutir à des propositions plastiques d’échelles diverses, en est aussi un aspect important. Tout jardin révèle quelque chose de notre rapport au monde et plus spécifiquement à la nature. Il porte un désir d’osmose avec notre environnement et à la fois une intention artistique. Mon intérêt pour les jardins suit deux directions, souvent opposées (contraindre la nature ou la laisser s’exprimer) : d’une part les jardins historiques (des 16e et 17e siècles, en France et en Italie) où ordre et maîtrise dominent, d’autre part les jardins naturels actuels, tels que les « jardins en mouvement » développés par le paysagiste Gilles Clément, ou encore la friche et sa biodiversité. Pour le projet Hortus incertum (jardin irrégulier) j’ai tenu à présenter des pièces inédites, réalisées pour l’occasion, chacune pouvant être appréhendée séparément mais constituant un ensemble qui raconte une histoire commune. La référence principale en est celle du jardin classique, dit « à la française » et aussi celle du jardin italien du 17e siècle. Ce qui m’intéresse principalement dans ces jardins, c’est qu’ils réunissaient tous les arts et qu’ils sollicitaient tous les sens, ainsi que notre imaginaire et notre capacité à nous émouvoir : ils requièrent une sorte de « présence totale ». De manière simple, j’en ai retenu certains principes de déambulation et de déplacement des points de vue. Certaines installations de Hortus incertum (Climax ?, Main courante) interrogent notre désir de contrôler et de figer la nature dans des formes artificielles. Des équilibres naturels on passe alors aux équilibres d’une composition et au sentiment d’harmonie. Mais à quoi ce sentiment tient-il ? L’apparente fragilité de certaines pièces et de leur agencement laisse imaginer un désordre imminent. Le jeu du changement d’aspect suivant les points de vue (ou les points d’écoute) que proposent d’autres pièces (Passages, Les fontaines de la Villa d’Este), rend sensible le caractère impermanent des choses et leurs incessantes mutations, les Métamorphoses d’Ovide étant revisitées à travers un emprunt à Nicolas Poussin. L’au-delà du jardin, le monde extérieur (la nature sauvage ou la ville) est aussi représenté : une forêt miniature sans limites ou une vidéo montrant un paysage urbain propice à une rêverie méditative. L’Arbre mort quant à lui trouve son origine dans un haïku (ce poème court japonais qui cristallise une vision fugitive de l’existence, unissant la partie et le tout) écrit par Kobayashi Issa : « Couvert de papillons l’arbre mort est en fleur ! ». Dans son ensemble, ce « jardin irrégulier », composé d’installations, de sons, de photographies et de vidéo invite le spectateur à une flânerie active, ludique, peut-être contemplative, au cours de laquelle l’imaginaire, je l’espère, peut cheminer au rythme du parcours de chacun. » Laurent Cerciat

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